L’abbaye de Moissac, haut lieu de la sculpture romane avec son cloître et le porche de son église, fut également, surtout aux XIe et XIIe siècles, un centre de production de manuscrits enluminés. Après son achat par Colbert en 1678 et son passage dans la bibliothèque royale, cette collection, de plus de 150 ouvrages, est aujourd’hui conservée pour l’essentiel par la Bibliothèque nationale de France. Jean Dufour, dans ses travaux décisifs, a déjà souligné l’importance du scriptorium moissagais, de même que le conservateur général honoraire des bibliothèques François Avril, qui écrit : « c’est principalement grâce aux manuscrits issus du scriptorium de Moissac que l’on a une idée aujourd’hui de l’art de l’enluminure en Languedoc ».
Si le retour des manuscrits enluminés originaux à Moissac n’était ni possible, ni souhaitable, en revanche, les moyens de reproduction de la Bibliothèque nationale de France permettaient de présenter à un très large public les enluminures moissagaises d’époque romane seulement connues jusqu’alors par quelques spécialistes.
Il est apparu indispensable à la ville de Moissac de regrouper les magnifiques images contenues dans ces précieux ouvrages enluminés pour permettre aux milliers de visiteurs du site d’avoir une idée précise de la production artistique moissagaise aux XIe et XIIe siècles en leur proposant de découvrir à la fois les chefs-d’œuvre de la sculpture et ceux de la miniature. Pour garantir la démarche scientifique de la constitution de ce fonds documentaire, une convention a été établie entre la ville de Moissac et l’université Michel de Montaigne-Bordeaux III et son centre de recherche sur l’art médiéval Léo Drouyn, dirigé par le professeur Jacques Lacoste. La collaboration entre le centre Léo Drouyn et Moissac a abouti à l’ouverture, en juin 1995, du centre Marcel Durliat.
MARCEL DURLIAT (1917-2006)
Connu de tous les médiévistes, Marcel Durliat était professeur à l'université de Toulouse-le-Mirail. Il a publié, parmi d’innombrables études sur l’art médiéval, en particulier du sud de l’Europe, d’importants travaux sur l’art roman : « L’art roman », « Des barbares à l’an mil » chez Mazenod, « La sculpture romane sur la route de Saint-Jacques », le « Haut-Languedoc roman » et le « Roussillon roman » chez Zodiaque, entre autres. Il est enfin l’auteur d’une foule d’articles publiés dans des revues françaises et étrangères. Tout ce qui concerne l’art roman intéressait Marcel Durliat, qui a toujours mis en évidence l’importance de la miniature dans la développement de ce courant artistique.
Marcel Durliat a apporté son précieux concours scientifique à notre centre, auquel il a accepté de donner son nom.
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